L’enseignement des langues est de plus en plus valorisé dans la société québécoise. En mars 2011, le gouvernement annonçait la mise en place d’un programme intensif d’Anglais langue seconde dans les écoles primaire, et ce d’ici cinq ans. Cette annonce concernait particulièrement le niveau de la sixième année. Plusieurs appréhendaient cette annonce, car ils craignaient pour la réussite scolaire des élèves participants à ce programme. Aujourd’hui, près deux ans après l’annonce, les commissions scolaires observent des résultats positifs auprès des élèves et souhaitent augmenter le nombre de classes d’anglais intensif. Qu’est-ce que l’anglais intensif au primaire et quelles sont les craintes ?
L’anglais intensif au primaire consiste à ce que les élèves aient plus de cours d’anglais et que ces cours soient concentrés. Il est important de comprendre que lors des classes seulement l’anglais sera enseigné et non d’autres matières, car en vertu de la Charte de la langue française, il est interdit d’enseigner les autres matières scolaires en anglais. Autrement dit, les élèves doivent réussir les autres matières en 50 % moins de temps. Il y a plusieurs façons pour implanter ce programme dont le modèle cinq mois — cinq mois. L’année scolaire est alors divisée en deux parties. L’enseignement de l’anglais est donné les cinq premiers mois de l’année scolaire et l’enseignement des autres matières occupe les cinq deniers mois.
Par ailleurs, l’implantation de ce programme comporte plusieurs enjeux. La sixième année est une année qui est consacrée à la consolidation des connaissances et des compétences acquises au cours des années précédentes. Les élèves en difficulté ont besoin de toutes les heures disponibles pour bien intégrer les leçons. Les enseignants sont donc craintifs en ce qui concerne les élèves en difficultés d’apprentissage. L’augmentation du nombre de classes d’anglais intensif ne serait pas avantageuse pour ces élèves, car ils devront alors apprendre les mêmes aspects, mais avec 400 h en moins. Autrement dit, l’apprentissage des autres matières se fera en 50 % moins de temps que sous la forme régulière. Les enseignants se demandent aussi ce qu’il arrivera aux élèves déjà bilingues. Aussi, une augmentation des cours d’anglais intensifs nécessite d’embaucher de nouveaux professeurs qualifiés en anglais et de réaménager le temps de classe avec les autres matières. Cependant, pour répondre aux craintes émises, la ministre Marie Malavoy, du Gouvernement Marois, a annoncé que les cours d’anglais intensifs en sixième année du primaire seraient facultatifs et non plus obligatoires à la rentrée scolaire de 2015. Ce sera donc le conseil d’établissement de chaque école qui décidera si l’anglais intensif sera enseigné en sixième année.
En sommes, avant que les commissions scolaires ajoutent des classes d’anglais intensif, les enseignants estiment qu’il faut attendre les conclusions du rapport commandé par le gouvernement du Parti Québécois. Ce rapport doit être déposé d’ici la fin décembre et il permettera de constater les impacts engendrés par ce programme pour que, par la suite, les écoles soient en mesure de prendre des décisions éclairées.
Liens pertinents :
http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201310/21/01-4702116-langlais-intensif-porte-fruit-a-quebec.php
http://www.fcpq.qc.ca/fr/enseignement-intensif-anglais-primaire.html
http://www.anglaisintensifauprimaire.com
http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201303/07/01-4628677-langlais-intensif-en-6e-annee-devient-facultatif-annonce-malavoy.php
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